Revue de quelques expressions entendues ces derniers jours.

A brûle-pourpoint : signifie sans ménagement, brusquement, ou à contrario très à propos.

Voici une expression d'origine militaire utilisée entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Lorsque l'on tirait un coup de feu sur quelqu'un de très près (à bout portant), on lui brûlait le pourpoint (vêtement masculin qui couvrait le torse).
Cette métaphore utilise d'abord l'idée d'efficacité pour tuer quelqu'un , plus on est près, plus on a de chances de réussir. Puis de soudaineté, de surprise pour pouvoir tirer à brûle-pourpoint sur quelqu'un, il faut le surprendre.

Pourpoint

 

 

Une voix de stentor : avoir une voix puissante.
Stentor est un personnage de “L’Iliade“. C’est un guerrier grec dont la voix “d’airain” lui permettait de crier “aussi fort que cinquante hommes”. La déesse Héra utilisa la force vocale prodigieuse de Stentor pour stimuler l’ardeur et le courage de l’armée grecque lors du siège de Troie. La légende dit que Stentor succomba, plus tard, lors d’une lutte vocale avec le dieu Mercure, héros de l’Olympe.

le_stentor

Fier comme Artaban : être très fier, parfois même arrogant.
Cette expression est d'origine littéraire. Artaban est un personnage important d'un énorme roman, une épopée historique (12 volumes, 4153 pages), intitulé Cléopâtre et écrit par Gautier de la Calprenède au milieu du XVIIe siècle.
Du succès de ce roman, n'est resté que la fierté et l'arrogance de son personnage, la sonorité de son nom ayant probablement aidé à la conservation de l'expression.

Le bolduc : ruban pour ficeler des paquets, fabriqué à Bois-le-Duc ville des Pays-Bas.

bolduc

Une alêne (aussi alène) : poinçon de cordonnier pour percer le cuir.

Al_ne

L’ufologie (ou ovniologie) : discipline qui consiste à recueillir, analyser et interpréter tout ce qui se rapporte au phénomène ovni (photographies, témoignages, traces au sol par exemple). L'acronyme anglais est ufo (unidentified flying object)

Mettre un bémol
Diminuer ses exigences, modérer ses paroles
Le bémol est une allitération placée en début de portée musicale ou devant une note. Elle indique qu'il faut interpréter la note un demi-ton au-dessous de la tonalité normale.
Mettre un bémol, c'est donc, se situer un ton au dessous.
Pourquoi "bémol" ?
Avant que la gamme et le nom des notes ne soient fixés, au 11ème siècle, elles étaient désignées chacune par une lettre de l'alphabet. Il y avait la notation anglo-saxonne et la notation germanique. Dans la première, le B représentait le "si" normal et dans la deuxième, le B représentait le "si" bémol tel que nous les connaissons aujourd'hui. Le nom de note "si" n'a pu donc être fixé en même temps que les autres car la tonalité par défaut n'avait pas encore été choisie. Ce n'est qu'au 16ème siècle qu'elle le sera.
C'est aussi au 11ème siècle que l'étymologie retrouve le mot Bmolle, du latin médiéval, qui deviendra le mot bémol par la suite. Le B est sans doute une survivance de ce "si" bémol germanique qui a fini par désigner, en général, le demi-ton en dessous d'une note. "Molle" (littéralement : "à panse molle") indiquait que l'on dessinait l'allitération avec une forme ronde sur la portée pour la différencier du "bécarre", autre allitération musicale, qui sera dessinée avec une forme de carré.

Le scat est une forme d’improvisation vocale où des onomatopées sont utilisées plutôt que des paroles. Louis Armstrong l'a rendu célèbre mais l'on se souviendra aussi de Charlot dans les temps modernes.

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Rebattre les oreilles. Ne pas confondre rebattre avec rabattre dans les expressions "rebattre les oreilles à quelqu'un et avoir les oreilles rebattues" : cessez de me rebattre les oreilles de vos jérémiades ; j'en ai les oreilles rebattues.
Rebattre signifiait autrefois « répéter de façon ennuyeuse ». Aujourd'hui, on ne l'emploie plus en dehors de ces expressions et il est rare dans le sens de « battre à nouveau », sa uf comme terme de jeu : rebattre les cartes.