On pouvait lire dans le journal aujourd'hui : "Fort Chabrol à Ciney". Personne ne connaissait, au travail, non seulement la signification mais encore moins l'origine de cette expression.
En 1899 va avoir lieu le procès en révision d'Alfred Dreyfus à Rennes. Le président du Conseil Waldeck-Rousseau craint la réaction des mouvements nationaliste et monarchiste. Il ordonne d'arrêter Paul Déroulède et les dirigeants de la Ligue des patriotes ainsi que les chefs des Jeunesses royalistes et de la Ligue antisémite.
Le président de la Ligue antisémite, Jules Guérin, se retranche alors dans le « Grand Occident de France » au 51, rue de Chabrol. L'immeuble, mis en état de siège, est ravitaillé à partir d'un logement loué au 114 de la rue Lafayette. Le siège dure trente-huit jours (fin le 20 septembre)  jusqu'au verdict de Rennes.

fortChabrol   Fort_Chabrol
rue de Chabrol

journal

L'expression « un fort Chabrol » est passée dans le langage courant. Elle désigne une situation où un individu armé se retranche dans un immeuble entouré par les forces de l'ordre.

N.B. : Chabrol était le nom du préfet de la Seine de 1812 à 1830.